Sidney Govou prend la parole après les récentes violences survenues autour de l’Olympique Lyonnais. Dans un entretien accordé au Progrès ce jeudi 10 septembre, l’ancien attaquant lyonnais dénonce la présence du racisme dans l’environnement du club et raconte avoir lui-même été confronté à des actes discriminatoires lorsqu’il portait le maillot de l’OL.
"À l’époque où je jouais, il y a déjà eu des actes discriminatoires", témoigne l’ancien international français auprès du quotidien régional.
Govou raconte notamment s’être battu avec un responsable d’une tribune du virage Sud après des réflexions racistes qui lui auraient été adressées à la suite d’un mauvais match. Un épisode ancien, mais que l’actualité récente autour du club a fait ressurgir.
Cette fois, l’ancien Lyonnais insiste surtout sur sa position de parent : "Mais là, c’est en père de famille que je réagis."
Selon Le Progrès, Sidney Govou refuse désormais que son fils se rende en tribune.
Deux épisodes violents après OL-Le Havre
Cette prise de parole intervient après les violences survenues le 29 août, en marge de la rencontre entre l’OL et Le Havre au Groupama Stadium.
Deux séquences distinctes ont donné lieu à des enquêtes. Dans la première, Meriem Bouchedda, conseillère municipale d’opposition à Rillieux-la-Pape, affirme avoir été agressée avec son compagnon après avoir subi des insultes racistes. Selon son témoignage rapporté par Le Progrès, son conjoint aurait été roué de coups et elle-même frappée en tentant de lui venir en aide.
Trois hommes ont ensuite été interpellés. Deux doivent être jugés le 18 février devant le tribunal correctionnel pour violences en réunion. Les Bad Gones, mis en cause par l’élue dans le contexte de cette affaire, ont fermement démenti toute implication.
Une seconde affaire concerne un adolescent de 17 ans agressé le même soir sur le parvis du stade alors qu’il revenait d’une partie de futsal avec des amis. D’après le témoignage de sa mère recueilli par Le Progrès, plusieurs dizaines de personnes, dont certaines cagoulées et équipées de matraques, auraient pris le groupe à partie avec des insultes racistes.
Le jeune homme a notamment subi une fracture de la mâchoire et du nez et s’est vu prescrire 30 jours d’ITT.
Les deux épisodes doivent toutefois rester distingués. Une source proche du dossier citée par Le Progrès indiquait qu’« aucun élément à ce stade ne permet de lier les deux séquences ». Concernant la seconde affaire, l’hypothèse privilégiée était celle d’une rixe entre deux groupes de supporters antagonistes susceptibles de s’être donné rendez-vous.
"Il faut que ça cesse !"
Sidney Govou avait déjà publiquement réagi après les événements du 29 août. Sur X, l’ancien attaquant lyonnais avait appelé à ne plus détourner le regard.
"Il faut que ça cesse ! Ne plus fermer les yeux SVP."
Il réclamait également que les responsables soient identifiés, exclus et fermement condamnés.
De son côté, l’Olympique Lyonnais a annoncé une "tolérance zéro envers les violences, le racisme, le sexisme et l’ensemble des discriminations". Le club a indiqué avoir lancé une enquête interne et vouloir se constituer partie civile aux côtés des victimes.
Le directeur général de l’OL Michael Gerlinger a depuis qualifié les événements de "violence totalement malade" et promis des "sanctions sévères et graves" contre les personnes impliquées.
La prise de parole de Govou intervient également dans un contexte qui dépasse les seuls événements du 29 août. Plusieurs incidents racistes impliquant des supporters lyonnais ont été documentés ces dernières années, notamment lors d’OM-OL en 2023 et d’OL-Strasbourg en 2024.
Selon une source de l’OL récemment citée par 20 Minutes, le club prononce chaque année entre 100 et 200 interdictions commerciales de stade. L’OL estime toutefois que ces mesures privées restent moins efficaces que des interdictions administratives ou judiciaires.