Une phrase qui résume à elle seule une partie du débat. Samedi, lors de la victoire de l’OL contre Rennes (4-0), des supporters lyonnais ont déployé une banderole directement adressée à Sidney Govou : "Sidney, ta famille et toi serez toujours les bienvenus parmi nous".
Invité dimanche du Canal Football Club, l’ancien attaquant lyonnais est revenu sur ce message. Il a notamment raconté la réaction de son fils de 17 ans après avoir découvert la banderole.
"Il m’a envoyé la photo de la banderole et il m’a dit : alors, je peux y aller ?", a relaté Govou.
Une question qui fait directement écho aux déclarations de l’ancien international français quelques jours plus tôt. Dans un entretien au Progrès, Govou avait expliqué ne pas vouloir laisser son fils, né à Lyon, supporter de l’OL et métis, se rendre en tribune en raison de ses craintes liées au racisme.
Govou maintient son constat mais précise son message
La prise de parole de l’ancien Lyonnais avait provoqué des réactions chez certains supporters et groupes lyonnais. Dimanche, Govou a tenu à préciser la portée de son message.
"Je ne juge pas la personne ou le groupe, je dis qu’il se passe des choses", a-t-il expliqué sur Canal+, affirmant avoir été contacté après ses premières déclarations par des personnes qui s’étaient senties visées.
Govou maintient néanmoins son constat sur l’existence de comportements racistes autour du football lyonnais. Il appelle à ne plus détourner le regard, tout en précisant parler particulièrement de Lyon parce qu’il s’agit du club et de l’environnement qu’il connaît le mieux. Selon lui, le problème ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’OL et existe dans de nombreux clubs de Ligue 1.
Ses déclarations interviennent dans un contexte déjà tendu autour du Groupama Stadium. Le 29 août, en marge d’OL-Le Havre, plusieurs épisodes violents distincts avaient été signalés. Une élue de Rillieux-la-Pape et son compagnon avaient notamment déclaré avoir été victimes d’insultes racistes avant d’être agressés. Deux hommes doivent être jugés en février pour "violences en réunion" dans cette affaire.
Depuis, la question du racisme et des violences autour des rencontres lyonnaises a pris une place importante dans le débat. Une pétition contre le racisme dans les tribunes avait notamment recueilli environ 600 signatures, tandis que Lyon 1950 avait publiquement appelé à ne céder à aucune discrimination.
Samedi, la banderole adressée à Sidney Govou et à sa famille constituait une nouvelle réponse venue des tribunes. Une réponse à laquelle son fils a réagi par quelques mots : "alors, je peux y aller ?"