Plus d'un an après l'été qui a failli précipiter l'OL en Ligue 2, les coulisses du changement de gouvernance continuent de se préciser. Invitée de l'After Foot sur RMC mardi 29 septembre, Sasha Beckermann, journaliste et autrice d'un livre consacré à Michele Kang, est revenue sur le rôle joué par l'Américaine au moment de reprendre les commandes du club.
Selon elle, la nouvelle présidente aurait notamment apporté une garantie très claire concernant son prédécesseur, John Textor.
"Elle s'est engagée à ce que Textor ne revienne jamais à la tête de l'OL auprès de la DNCG", affirme Sasha Beckermann.
Un engagement qui avait déjà été évoqué dans la presse en juillet 2025, au lendemain du maintien de l'OL en Ligue 1. La commission d'appel aurait alors cherché à obtenir des garanties concernant l'absence de retour de John Textor dans la gouvernance du club.
Aucun document public de la DNCG consulté ne permet toutefois d'établir directement les termes exacts d'un tel engagement. Celui-ci doit donc rester attribué aux sources qui l'ont rapporté.
Un changement de gouvernance au cœur de la crise
Cette promesse présumée prend tout son sens lorsqu'elle est replacée dans la chronologie mouvementée de l'été 2025.
Le 24 juin, la DNCG prononçait la rétrogradation administrative de l'Olympique Lyonnais en Ligue 2. Le club décidait immédiatement de faire appel.
Six jours plus tard, le 30 juin, l'OL officialisait un changement majeur à sa tête. John Textor démissionnait de ses fonctions de direction au sein du club, y compris de son siège au conseil d'administration. Michele Kang devenait présidente de l'OL et d'Eagle Football Group, tandis que Michael Gerlinger était nommé directeur général.
La dirigeante américaine prenait alors directement en charge la procédure d'appel devant la DNCG.
Le 9 juillet, la nouvelle gouvernance obtenait finalement gain de cause : la commission fédérale d'appel décidait de maintenir l'OL en Ligue 1, avec un encadrement de la masse salariale et des indemnités de mutation.
Les documents financiers publiés quelques semaines plus tard permettent de mesurer l'ampleur des garanties apportées. Eagle Football Group indiquait que 87 millions d'euros avaient été apportés par les actionnaires d'Eagle Football Holdings, auxquels s'ajoutaient 30 millions d'euros de garantie bancaire.
"Il y avait une volonté de sauver le club"
Sasha Beckermann assure aujourd'hui que Michele Kang était particulièrement déterminée au moment de prendre les commandes de l'OL.
"Elle était très confiante pour la Ligue 1. Elle a un caractère extrêmement volontaire. Elle s'était déjà engagée financièrement dans l'OL, donc elle savait exactement ce qu'elle faisait", explique-t-elle.
Avant d'ajouter : "Il y avait une volonté de sauver le club."
La mise à l'écart de John Textor apparaît ainsi comme l'un des éléments de la rupture opérée par la nouvelle gouvernance pendant cette période critique.
Dès le 10 juillet 2025, au lendemain de la décision de la DNCG, Olympique-et-Lyonnais rapportait déjà que le nom de Textor avait été évoqué à plusieurs reprises pendant l'audition et que la commission d'appel aurait voulu obtenir la certitude qu'il ne reviendrait pas dans la gouvernance. Michele Kang aurait alors apporté cette garantie.
Les propos de Sasha Beckermann viennent désormais remettre en lumière cet épisode et confirmer, selon sa version, la nature de l'engagement pris par Kang au moment où l'OL jouait sa place en Ligue 1.