Au-delà des terrains, l’engagement des footballeurs au service des autres

Au-delà des terrains, l’engagement des footballeurs au service des autres
DR Centre Léon Bérard

L’image de Rayan Cherki au chevet d’un jeune patient du centre Léon-Bérard à Lyon a récemment fait le tour des réseaux sociaux.

Derrière les performances sportives, les joueurs et joueuses de football n’hésitent pas à s’engager, multipliant les actions solidaires et les initiatives citoyennes. Qu’il s’agisse de projets personnels ou d’actions menées via leur club, les sportifs mettent leur notoriété au service de causes qui leur tiennent à cœur. 

Malgré un agenda chargé, Rayan Cherki n’a pas refusé quand on lui a demandé en février dernier de se rendre au chevet d’un jeune patient du centre Léon-Bérard dans le 8e arrondissement de Lyon. Une visite en toute discrétion, lors d’un passage éclair dans le Rhône, et une photo publiée sur les réseaux sociaux sur laquelle l’international français disait avoir trouvé sa prochaine célébration de but. Cette visite auprès d’un enfant malade, c’est le défenseur international de l’OL, Moussa Niakhaté, qui en est à l’origine. "Il était venu rencontrer un petit patient sénégalais et avait passé du temps avec d’autres enfants", raconte Marion Beaufront. La coordinatrice des associations à l’Institut d’Hématologie et Oncologie pédiatrique se souvient : "Un jeune patient lui a demandé de dire à Rayan Cherki qu’il l’adorait. Moussa Niakhaté l’a filmé, a envoyé la vidéo à Rayan Cherki et quand ce dernier est rentré à Lyon pour quelques jours, il s’est déplacé à l’hôpital". 

Cela fait maintenant plusieurs années que l’IHOpe est en lien avec OL Fondation. "C’était une volonté forte de Jean-Michel Aulas et Bernard Lacombe que tous les joueurs s’investissent, qu’ils viennent rencontrer les enfants, partager une passion avec l’idée que ça fait du bien quand on est malade de pouvoir rencontrer son idole", explique Marion Beaufront.

Dès qu’un enfant hospitalisé a "un coup au moral", la coordinatrice fait en sorte d’organiser la visite d’un joueur ou d’envoyer le patient assister à un entrainement à huis clos. "Il y a vraiment une très grande écoute de la part de l’OL Fondation vis-à-vis de nos demandes", souligne-t-elle. Et à chaque fois, l’expérience se déroule à merveille : "Les joueurs prennent le temps, il y a une vraie relation qui se crée, ce n’est pas un petit bonjour de loin. Je pense que les joueurs se projettent, certains ont des enfants… Et pour nos patients, pouvoir rencontrer des joueurs, ça reste incroyable, ça leur fait du bien et aux parents aussi. Il ne faut pas les oublier. Quand ils voient leur enfant super heureux, ça leur fait du bien. Ça sort tout le monde du quotidien, y compris les soignants". 

Plus récemment, Wendie Renard s’est prêtée au jeu. La joueuse emblématique d’OL Lyonnes est venue participer à une webradio proposée sous forme d’atelier aux enfants malades du centre Léon-Bérard. Et quand les patients ne peuvent pas se déplacer, OL Fondation a mis à disposition un robot qui permet de se connecter à l’avant-match, de faire une visite des vestiaires, de parler avec toute l’équipe encadrante ou encore voir l’arrivée des joueurs et assister à l’entrainement.

L’OL n’est pas le seul club à participer à ce genre d’initiative. Une fois par trimestre, les joueurs de National du FCVB ainsi que les joueuses Senior du club se rendent à l’Hôpital Nord-Ouest de Gleizé pour partager un moment privilégié avec les soignants et les enfants hospitalisés autour de plusieurs activités physiques et récréatives. "Les joueurs, les joueuses, le personnel soignant et les jeunes présents peuvent échanger, s’amuser et surtout partager un instant de convivialité hors du cadre habituel de l’hospitalisation. Au-delà des animations proposées, ces rencontres ont pour objectif d’apporter un peu de légèreté, de sourire et de réconfort aux enfants hospitalisés. Il s’agit d’un engagement fort, qui prend tout son sens dans ces instants de proximité et de partage", explique le club caladois qui a lancé ce partenariat avec l’Hôpital Nord-Ouest et l’Ame Beaujolaise il y a maintenant deux ans.

Si les footballeurs se prêtent facilement au jeu via les initiatives de leur club, d’autres sont impliqués personnellement dans des associations. C’est le cas de Corentin Tolisso, qui a fondé il y a trois ans l’association Toliss’All avec sa maman et les parents d’un enfant handicapé rencontrés pendant le confinement par le biais de visioconférences qu’il faisait pour accompagner des familles aidantes. Et son rôle de président n’est pas qu’une étiquette, comme l’assure Emmanuelle Cario, co-fondatrice de Toliss’All. "Il est très investi. A chaque événement que l’on fait, il est présent. Il est disponible quand on lance des projets. On a deux gros événements : un loto et un tournoi de football. On a aussi fait un mois de paquets cadeaux dans un magasin de jouets de Limonest et il est venu emballer avec nous 4 ou 5 fois. Il essaye d’être disponible, et moi je déroule l’association et je la développe pour être dans l’action", confie cette mère de famille. Avant de détailler les objectifs de l’association : "Cela permet d’apporter du répit par le biais du loisir aux aidants familiaux tout en prenant en charge la personne aidée de manière simultanée pour permettre à la personne aidante de prendre du temps pour elle sans avoir le frein de devoir faire garder la personne qu’elle a en charge". Ce sont en tout une trentaine de bénéficiaires qui ont accès à cette aide bienvenue. "Jusqu’à présent, on était en itinérance, à Amplepuis, Tarare, l’Arbresle, Craponne. Depuis février, on a des locaux au sein du campus EKLYA à Ecully, où on a ouvert un tiers-lieu de répit par le loisir avec un espace aidant et un espace aidé", poursuit Emmanuelle Cario. 

Selon elle, la notoriété de Corentin Tolisso permet "d’ouvrir l’oreille de quelqu’un qui va être intéressé par le foot et qui va par ce biais-là entendre parler du monde des aidants. C’est un angle d’accroche mais ce n’est pas le seul angle". La directrice générale de Toliss’All estime même que cette popularité peut être à double tranchant : "Son implication fait parler mais surtout auprès des fans de football et toute la société n’est pas intéressée par le football. Or si la personne ne connait pas le foot, elle ne connait pas Corentin. Parfois, ça peut même déjouer car l’image qui peut tourner autour du footballeur n’est pas forcément celle qui est la réalité". 

Malgré tout, chaque fois que le capitaine de l’OL repartage une publication de l’association Toliss’All sur les réseaux sociaux, celle-ci a plus d’impact. "C’est une vraie mise en lumière. Ça attire l’œil, ça fait bouger les choses", reconnait la co-fondatrice de l’association, à quelques jours d’un grand tournoi solidaire où 24 équipes composées de quatre joueurs valides et quatre personnes en situation de handicap s’affrontent au complexe Jean-Michel Aulas de L’Arbresle le 24 mai afin de recueillir des fonds.

Sa notoriété, Selma Bacha a aussi choisi de l’exploiter au profit d’une association créée à son association et intitulée Ensemble pour un sourire. La défenseure d’OL Lyonnes avait expliqué lors du lancement du projet avoir eu envie d’agir et de s’investir auprès des plus démunis après sa rencontre avec un sans-abri. "Le plus important est d’être humble. Même si on reçoit beaucoup d’éloges, il faut garder les pieds sur terre car on ne sait pas ce qui peut se passer demain. Le plus important est aussi de donner du sourire autour de moi. C’est pour ça que j’ai ouvert mon association", nous avait-elle confié en janvier dernier.

Et puis il y a ceux et celles qui veulent s’investir dans leur pays d’origine, à l’image de Tabitha Chawinga qui a mis sur les rails une académie au Malawi. L’attaquante internationale, qui ne manque jamais une occasion de retourner chez elle, entend créer des opportunités dans un pays où le football féminin manque cruellement de moyens. L’été dernier, Tabitha Chawinga était allée rendre visite aux jeunes footballeuses inscrites à l’académie TC11. La Lyonnaise n’avait pas voyagé les mains vides, apportant plus de 65 paires de baskets et de crampons ainsi que des paires de gants collectées auprès de ses coéquipières. 

Car la solidarité semble de mise à chaque fois que joueurs et joueuses sont sollicités. Autant d’initiatives qui montrent que le football ne se résume pas au terrain et qui révèlent une autre facette du sport de haut niveau. 

F.L.

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