Créée en 2016 au moment de l’Euro en France puis relancée en 2019 lors de la coupe du monde de football féminin, l’association ASA commente, depuis six ans maintenant, tous les matchs de l’OL masculin au Groupama Stadium pour permettre aux personnes non-voyantes et mal-voyantes de suivre la rencontre malgré leur handicap.
"C’est un peu comme du commentaire radio, auquel on va ajouter beaucoup de détails pour que les personnes qui nous écoutent puissent piocher dans ce qu’on dit pour suivre le match", nous explique Flora Chaduc, cheffe de projet pour ASA France.
Pour ne pas perdre l’auditeur dans un flot d’informations, les commentateurs vont proposer des repères. Le terrain est ainsi découpé en quatre zones : A, B, C et D. "On s’appuie sur ces zones pour dire où se trouve le ballon. Et ensuite, on complète, si le ballon est le long de la ligne de touche, proche du poteau de corner, près du point de pénalty", poursuit la bénévole, qui œuvre au Groupama Stadium depuis 2019, en lien avec OL Fondation.
Une fois les bases posées, le moindre détail compte : "Tout ce qui est implicite pour nous, voyants, on va devoir le décrire. On va aller chercher tous les détails même anecdotiques comme la couleur des chaussures et des maillots. Et bien sûr, on se concentre sur tout l’aspect technique. S’il s’agit d’une passe courte, d’une frappe du pied gauche, d’un arrêt du gardien… pour que le spectateur puisse imaginer tout le jeu déployé pendant 90 minutes", insiste Flora Chaduc.
L’ambiance en tribunes, les tifos, ainsi que l’attitude des entraineurs ou des autres joueurs sur le banc de touche sont également décrites par les deux commentateurs. Tout est prétexte à être relayé dans les oreilles des personnes ayant recours au dispositif : "Elles sont au milieu de tout le monde et doivent ressentir les mêmes émotions", rappelle la cheffe de projet.
Pour cela, le ton de la voix est primordial : "Le commentaire doit être vivant. Le ton de la voix, c’est hyper important. C’est ce qui va donner des émotions et c’est bien le but de l’audiodescription. Si le jeu est ennuyeux, on ne va pas s’emballer. En revanche, si l’action commence à s’accélérer, on va parler plus vite, plus fort… L’intonation dépendra vraiment du déroulé de l’action", précise la jeune femme qui peut compter sur une douzaine d’étudiants de l’école de journalisme ISCPA formés à l’audiodescription.
A Lyon, seul le Groupama Stadium propose ce type de service, plébiscité par une quinzaine d’auditeurs en moyenne chaque jour de match. Si le test a été mené une fois au Matmut Stadium de Gerland lors d’une rencontre du LOU Rugby, l’expérience n’a pas été pérennisée. En revanche, d’autres stades de Ligue 1 sont investis chaque week-end par les bénévoles de l’ASA, notamment à Lens, Rennes ou Lille. Un dispositif qui concerne aussi OL Lyonnes. Tous les matchs de Ligue des Champions féminine et ceux des phases finales de la Première Ligue sont désormais proposés en audiodescription au Groupama Stadium.
F.L.